Discours du Premier Ministre Mori sur la politique africaine du Japon 
(résumé)

« L'Afrique et le Japon dans le nouveau siècle »
Le 9 janvier 2001



1. Introduction

Grâce à une série de dialogues avec les leaders africains et à Madame Ogata Sadako, ancienne Haut Commissaire aux Réfugiés de l'ONU, qui est ici avec nous et qui m'a informé de manière très détaillée de la situation actuelle en Afrique, j'ai été conforté dans ma conviction que « le 21ème siècle sera le siècle où l'Afrique accomplira un grand bond en avant » et que « le monde du 21ème siècle ne connaîtra la stabilité et la prospérité que si les problèmes de l'Afrique sont résolus ». Le Japon est déterminé à faire tous les efforts possibles et mettre en œuvre tout son potentiel pour que l'Afrique parvienne à surmonter ses difficultés actuelles.

2. « Le monde du 21ème siècle ne connaîtra la stabilité et la prospérité que si les problèmes de l'Afrique sont résolus.»

L'Afrique est originellement riche de grands atouts naturels et de ressources humaines dynamiques. Pourtant, l'Afrique, qui a longtemps souffert de l'héritage négatif de l'Histoire, continue aujourd'hui à faire face à des problèmes difficiles tels que la pauvreté, les conflits et les maladies infectieuses (ex. HIV/SIDA). On ne peut pas parler du « monde de demain » sans tenir compte de l'Afrique subsaharienne qui constitue un quart des pays du monde. L'Afrique, si elle parvient à surmonter les difficultés qu'elle connaît aujourd'hui et qu'elle s'engage sur le chemin d'un avenir brillant, devrait être une locomotive de développement pour l'ensemble de la société humaine du 21ème siècle. En effet, « Le monde du 21ème siècle ne connaîtra la stabilité et la prospérité que si les problèmes de l'Afrique sont résolus.

3. L'engagement déterminé du Japon face aux problèmes africains

Depuis l'indépendance de beaucoup de pays africains, le Japon n'a cessé de renforcer graduellement son engagement vis-à-vis de l'Afrique. À l'aube du nouveau siècle, je réaffirme solennellement l'engagement inébranlable de notre pays vis-à-vis de l'Afrique, qui détient la clef de l'avenir de l'humanité. Nos engagements vis-à-vis de l'Afrique constituent un des dossiers les plus importants pour la diplomatie de notre pays que nous voulons globale.

4. Les deux axes de la coopération avec l'Afrique

(1) Afin de promouvoir la coopération avec l'Afrique, le Japon considère que les deux axes essentiels de sa politique sont d'une part l'aide au développement, et d'autre part les actions pour la prévention des conflits et en faveur des réfugiés.

(2) Nous croyons qu'au 21ème siècle, notre diplomatie en faveur de la paix doit avoir pour thème « la sécurité humaine ». Dans ce sens, le succès ou l'échec de notre coopération avec l'Afrique pour y assurer « la sécurité humaine », constituera un test important pour le fondement même de notre diplomatie. Nous avons une conviction optimiste : le développement des talents et la coopération entre les hommes peuvent nous permettre de surmonter toutes les difficultés. Cet optimisme explique la manière dont nous envisageons nos actions de coopération. Nous pensons en effet qu'afin d'agir avec nos partenaires et d'éviter le piège de la charité, nous devons toujours voir les choses comme ils les voient.

(3) Les deux axes de notre politique, le premier étant l'aide au développement et le second, les actions pour la prévention des conflits et en faveur des réfugiés, doivent s'articuler avec cohérence. Le Japon entend contribuer aux efforts qui ont pour objectif une solidarité étroite entre l'aide aux réfugiés et l'aide au développement pour que les organisations internationales, les gouvernements, les organisations non-gouvernementales et d'autres parties concernées puissent construire une bonne relation de coopération.

(L'aide au développement)

(a) TICAD
Le Japon a organisé, en 1993 et en 1998, la Conférence Internationale pour le Développement de l'Afrique (TICAD). Nous souhaitons, à terme, organiser la troisième Conférence pour le Développement de l'Afrique (TICAD III). Et j'aimerais ici vous proposer l'organisation en décembre de cette année d'une réunion ministérielle sur le développement de l'Afrique à Tokyo pour la préparation de la TICAD III.

Les priorités de notre gouvernement sur le processus à venir de la TICAD sont les trois points suivants : positionner la TICAD comme forum privilégié où les Africains peuvent parler des stratégies de développement élaborées par eux-mêmes (ex. « Programme de Développement Africain », actuellement en cours d'élaboration par des pays africains, basé sur le plan du Président Mbeki), poursuivre la coopération Sud-Sud ( la coopération entre l'Asie et l'Afrique, la coopération intra-africaine, le Forum Asie Afrique, une « Conférence des Sages de l'Asie et de l'Afrique »), coopérer dans la lutte contre le Sida et les autres maladies infectieuses, ainsi que dans le domaine des technologies de l'information.

(b) La coopération dans la lutte contre les maladies infectieuses
Nous nous sommes engagés à affecter trois milliards de dollars d'ici cinq ans dans « l'Initiative d'Okinawa pour la lutte contre les maladies infectieuses » prise lors du Sommet du G8. Ces fonds vont être activement utilisés en Afrique. Une des méthodes les plus efficaces sera d'élargir les réseaux de coopération entre différents pays d'Afrique à partir des centres de recherche situés dans des pays comme le Kenya, le Ghana ou la Zambie. Nous allons envoyer des missions d'études de haut niveau dans les pays concernés dès le début de cette année afin d'intensifier notre collaboration avec l'Afrique sur ce problème.

(c) La coopération dans le domaine des technologies de l'information
La diffusion des technologies de l'information et de la communication est un moyen efficace pour remédier à la fracture dans le développement économique. Nous allons envoyer des missions d'études de haut niveau sur les possibilités de coopération dans ce domaine et entamerons des consultations avec les pays concernés.

(Les actions pour la prévention des conflits et en faveur des réfugiés)

(a) Le développement est inséparable de la stabilité politique. Le Japon continue d'apporter son soutien financier, personnel ou intellectuel, pour assurer la stabilité politique en Afrique. Nous allons continuer nos efforts pour faire prendre conscience aux parties concernées que la pérennisation des conflits n'est rien de moins qu'un gaspillage permanent des ressources irremplaçables que sont les hommes.

(b) Il est plus facile, et moins coûteux, de prévenir les conflits et d'en empêcher la reprise que de mettre fin à des conflits en cours. C'est sur la base de ce constat que nous avons lancé « l'initiative de Miyazaki du G8 pour la prévention des conflits » et que nous accordons de l'importance à nos aides aux réfugiés.

(c) Il est important de réinsérer les réfugiés ou les anciens combattants dans la société, et d'assurer leur engagement dans le processus du renouveau du pays, car le travail de prévention et de règlement des conflits est organiquement lié au travail pour le développement.

5. Le Japon et l'Afrique - un programme d'échanges de cœur à cœur

J'accorde une importance particulière aux échanges mutuels entre le Japon et l'Afrique. Je suis convaincu que toutes nos actions politiques et économiques ne s'épanouiront sur un terrain de compréhension mutuelle et d'amitié que si les deux peuples ont des contacts de cœur à cœur. Il est d'autant plus souhaitable d'élargir régulièrement l'assise des échanges que nous nous attendons à un essor spectaculaire des relations entre le Japon et l'Afrique. J'attache beaucoup d'importance aux deux domaines suivants: les échanges culturels et les échanges entre les jeunes.

(1) Réaliser des événements d'échanges culturels à chaque grande occasion comme lors de la prochaine TICAD III
(2) Favoriser la création de programmes d'échanges entre les artistes ou ceux qui travaillent pour les musées et les théâtres
(3) Fournir une contribution active à une protection appropriée du patrimoine culturel, matériel ou immatériel, qui est un élément de l'enrichissement de nos échanges
(4) Réaliser des échanges entre six mille personnes d'ici trois ans, en utilisant activement les programme destinés aux échanges des jeunes en particulier entre le Japon et l'Afrique


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